Lorsqu’un événement d’une violence ou d’une soudaineté exceptionnelle survient — comme les incendies qui ont marqué la Gironde et la région au mois de juillet —, le temps semble s’arrêter. Que l’on ait dû évacuer en urgence ou que l’on ait vécu dans l’attente angoissante d’un départ imminent, chacun d’entre nous a été traversé par un bouleversement émotionnel et corporel.
Mais au-delà de ce contexte précis, ce mécanisme s’applique à tous les grands bouleversements de la vie. Qu’il s’agisse d’un accident, d’un deuil, d’un burn-out ou d’une rupture brutale, notre organisme réagit selon les mêmes mécanismes de défense.
Aujourd’hui, alors que la vie reprend progressivement son cours, beaucoup vivent encore les événements dans leurs pensées, ressentent des inquiétudes à la moindre odeur ou traversent une fatigue inexpliquée. Si c’est votre cas, sachez que ce que vous vivez est une réaction parfaitement normale et naturelle d’un organisme sain face à un événement anormal.
Pour aller de l’avant, le premier pas est souvent de comprendre ce qui s’est activé en nous, de l’accueillir sans jugement, pour réapprendre à se sentir en sécurité et initier le chemin vers l’apaisement.
1. Au coeur du choc : quand notre cerveau active le mode « Survie »
Face à la menace du feu, de la fumée, ou de toute situation de danger, notre cerveau n’a qu’une seule priorité : assurer notre survie.
C’est l’amygdale (véritable détecteur de danger) qui prend instantanément le dessus. Elle met momentanément en « sourdine » le cortex préfrontal, le siège de la pensée logique et de l’analyse, pour déclencher un réflexe ancestral d’urgence (combat, fuite ou sidération).
Un cocktail d’hormones de stress (adrénaline et cortisol) déferle alors dans l’organisme pour nous mobiliser, créant des manifestations physiques comme :
Ressentir cela n’est ni un manque de courage ni une faiblesse : c’est la preuve que votre système de sécurité interne a fonctionné pour vous protéger.
2. Le mélange des émotions et le poids de l’incertitude
Au-delà de la réponse physique immédiate, le choc s’accompagne d’un tourbillon émotionnel : stupéfaction, peur intense, colère, tristesse, abattement face à l’impuissance… Enfants comme adultes, chacun a vécu ces moments avec sa propre histoire, sa propre sensibilité et son propre niveau d’intensité. Et toutes ces façons de réagir sont valides.
3. Le retour à la maison et l’alarme bloquée sur « ON »
Le danger immédiat passé, il arrive parfois que le système d’alarme du cerveau reste bloqué en position d’alerte : on scrute l’environnement au moindre bruit, le cœur bondit à la moindre odeur évocatrice de brûlé, le corps reste tendu… A la longue, ces tensions risquent d’épuiser nos réserves d’énergie.
C’est là que peut s’installer ce que l’on nomme une réaction de stress prolongé ou une empreinte de choc. Le cerveau n’a pas encore réussi à classer cet événement dans la catégorie « passé ». Pour lui, la menace est toujours latente, maintenant un état d’alerte qui peut favoriser l’anxiété ou renforcer une vulnérabilité anxieuse déjà présente.
4. Les clés de la résilience : se faire accompagner et s’autoriser à souffler
Pour Boris Cyrulnik, « une personne résiliente est une personne qui a trouvé des moyens de vivre avec ce qui lui est arrivé ».
La résilience ne consiste pas à « faire comme si de rien n’était » ou à refouler ce qui s’est passé. Au contraire, elle naît de l’écoute et de la reconstruction progressive de notre sentiment de sécurité.
C’est pour cela que si vous constatez des inquiétudes ou tensions qui persistent, le mieux est d’en parler à votre médecin traitant qui reste le premier maillon pour vous orienter. Vous faire accompagner par des professionnels formés (psychologues, sophrologues…) est une démarche précieuse qui vous permet de vous inscrire dans une action constructive, plutôt que de subir une situation d’inconfort
La sophrologie : une approche pour apaiser le corps et le système nerveux après les incendies
Après avoir vécu un événement brutal, le corps et le système nerveux peuvent rester en état d’alerte, même lorsque le danger est passé.
La sophrologie est une méthode psychocorporelle qui associe notamment respiration, détente musculaire et visualisations positives. Elle propose des exercices simples et accessibles pour relâcher les tensions, retrouver progressivement un état d’apaisement et renouer avec ses sensations corporelles.
La sophrologie est un accompagnement complémentaire ; elle ne remplace en aucun cas une prise en charge médicale ou psychologique en cas de stress post-traumatique (TSPT) sévère.
Mon rôle de sophrologue
En tant que sophrologue, je vous propose, au sein de mon cabinet de Cestas, un espace d’écoute bienveillant, sécurisant et sans jugement, pour vous accompagner à votre rythme.
Il ne s’agit pas d’effacer ce qui s’est passé, mais de vous accompagner pour retrouver progressivement davantage d’apaisement, de stabilité et de confiance dans vos propres ressources.
Et si vous expérimentiez ?
Exercice de respiration pour apaiser votre système nerveux et sortir de l’alerte :
« Installez-vous confortablement, dans un endroit où vous pouvez vous poser tranquillement. Si vous le souhaitez, fermez les yeux.
Portez doucement votre attention sur vos appuis : sentez votre dos en contact avec le dossier de votre chaise ou de votre fauteuil, le poids de votre corps au niveau des fessiers et des cuisses, puis vos pieds en contact avec le sol.
Déposez délicatement une main sur votre ventre et l’autre sur votre cœur. Ressentez simplement la présence de vos mains, leur chaleur, le contact avec votre corps. Peut-être pouvez-vous y trouver un peu de réconfort ou d’apaisement juste dans le contact.
Prenez quelques instants pour vous, ici et maintenant.
Portez ensuite votre attention sur votre respiration, sans chercher à la modifier dans un premier temps. Observez simplement le va-et-vient naturel de l’air. Accompagnez votre respiration pendant quelques instants.
Puis, si cela vous convient, je vous invite à inspirer doucement sur 3 temps et à expirer lentement sur 6 temps.
Inspirez par le nez, en accueillant l’air frais…
1… 2… 3…
Puis soufflez lentement par la bouche, comme à travers une paille…
1… 2… 3… 4… 5… 6…
(Répétez 4 à 5 fois, tranquillement, sans chercher la performance).
À chaque expiration, laissez vos épaules s’alourdir légèrement, votre visage s’adoucir, votre mâchoire se relâcher et votre ventre accompagner naturellement le mouvement de la respiration.
Lorsque vous sentez que l’exercice est suffisant pour vous, prenez une dernière inspiration ample et, sur l’expiration, laissez venir un doux soupir de relâchement.
Prenez le temps d’accueillir les sensations présentes, sans chercher à les modifier.
Puis, tranquillement et à votre rythme, remettez votre corps en mouvement. Vous pouvez vous étirer, bailler si besoin, ouvrir doucement les yeux et reprendre contact avec la pièce qui vous entoure ».
Cette respiration peut devenir un petit outil à retrouver au quotidien, chaque fois que vous en ressentez le besoin.
Si cet exercice vous met mal à l’aise, augmente votre anxiété ou fait apparaître des sensations difficiles, arrêtez simplement et reprenez une respiration naturelle.
Si vous souhaitez échanger sur ce que vous traversez, n’hésitez pas à me contacter. Dans mon cabinet de Cestas, nous pourrons construire ensemble des outils simples et adaptés à vos besoins, pour vous aider à retrouver progressivement plus d’apaisement au quotidien.
Prenez soin de vous.
Sandrine Tachouères – Sophrologue